Navigation rapide

  • Soin

    Réinventer le soin de la personne et l’attention à ses proches

    Lire la suite Source : www.mnd.espace-ethique.org Intervention tirée de l’Université d’été Éthique, Alzheimer et maladies neurodégénératives 2017, organisée à Lyon les 11 et 12 septembre, par l’Espace éthique/Maladies neurodégénératives et l’Espace éthique/Île-de-France ...

    Rate this blog entry:
    3
    dimanche, 19 novembre 2017
  • handicap

    Vieillissement et handicap

    La vieillesse est très souvent représentée comme un handicap. Après avoir exploré cette représentation, les auteurs s’arrêteront sur les situations où apparaît une source de dépendance spécifique : la démence. Dans un premier temps sera alors développée la reconnaissance de ce handicap par la famille, puis par les institutions sanitaires et sociales. Dans un second temps seront repris les principa ...

    Rate this blog entry:
    2
    lundi, 23 octobre 2017
  • b2ap3_thumbnail_soin.jpg

    Éléments pour une pratique du soin relationnel en accueil de jour gériatrique

    En positionnant le patient comme un sujet acteur et en mobilisant son potentiel, les professionnels en gériatrie soutiennent le processus d’individuation du patient. Ainsi le soin au quotidien peut-il aider celui-ci à prendre conscience de soi et à se projeter dans un devenir. Le soin est ici à considérer, par le biais du geste infirmier, comme une présence attentive et lucide qui confère au lieu ...

    Rate this blog entry:
    2
    lundi, 25 septembre 2017
  • conjugalité

    Conjugalité et maladie d’Alzheimer

    Qu'est-ce qui se joue de particulier lorsqu’une maladie neurodégénérative type Alzheimer est diagnostiquée à la personne qui nous est le plus proche : notre conjoint ou partenaire de vie ? Certaines des observations et des remarques développées dans cet article se retrouvent également lorsque la personne qui est diagnostiquée est un parent ou un ami de longue date, mais il y a des enjeux spécifiqu ...

    Rate this blog entry:
    1
    mercredi, 06 septembre 2017
  • Groupe de formation

    Le syndrome de l'aidant épuisé

    Les aidants de personnes atteintes de maladies telles que la maladie d’Alzheimer s’épuisent. La pratique de groupe de formation de soutien a permis de mettre en lumière plusieurs points communs avec ce que D. W. Winnicott a nommé la préoccupation maternelle primaire. Les échanges avec des aidants montre un état de sidération que le groupe de formation peut contenir et accompagner. Pourtant d’autre ...

    Rate this blog entry:
    3
    vendredi, 25 août 2017
  • Psychanalyse du sujet vieillissant

    Auprès de jeunes adultes, voire d’enfants, souffrant de conflits névrotiques, les psychanalystes sont habitués à rechercher l’origine des troubles névrotiques dans la réactivation d’un conflit précédent. La découverte et la compréhension du passé leur permettent d’éclairer la conflictualité d’aujourd’hui à partir de l’analyse du transfert ; ils proposent une compréhension selon une perspective gé ...

    Rate this blog entry:
    6
    samedi, 20 août 2016
  • Repos

    Les structures d’hébergement à long terme pour personnes présentant une démence : un monde de silence, mais aussi un monde d’inactivité !

    Il a été montré que l’engagement dans des activités quotidiennes a un effet bénéfique sur la qualité de vie des personnes présentant une démence et vivant dans une structure d’hébergement à long terme. De même, la réalisation d’activités quotidiennes même légères, et donc une réduction de la sédentarité, peut avoir un effet positif sur l’état physique de ces personnes. Et pourtant, les structures ...

    Rate this blog entry:
    6
    dimanche, 14 août 2016
  • © http://www.generationscroisees.org

    La réminiscence, ou l’art du souvenir

    La réminiscence, ou l’art de se souvenir, fait partie des prises en charge non médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative évolutive touchant principalement la mémoire et abîmant, au fur et à mesure, la création de souvenirs récents jusqu’à la conservation des souvenirs anciens. Dans cette perspective, les ateliers ...

    Rate this blog entry:
    4
    lundi, 20 juin 2016
  • alzheimer-Lee-Newman

    Ce que nous enseignent les malades d’Alzheimer sur notre vie psychique

    La fréquentation des malades d’Alzheimer, avec l’observation de leurs défaillances, conduit à une réflexion générale sur des questions telles que :- Quel est le rapport entre la pensée et le cerveau?- Quelle représentation concevoir de l’existence, mais aussi de l’articulation de différents registres psychiques, qu’il y a lieu de caractériser pour comprendre les phénomènes cliniques observés?- Que ...

    Rate this blog entry:
    13
    mardi, 26 avril 2016
  • mots2

    Conséquences de l’âgisme sur les attitudes de soin

    L’âgisme (c’est-à-dire l’ensemble de nos stéréotypes négatifs concernant les personnes âgées) a de nombreuses conséquences négatives tant pour le patient âgé lui-même qu’au sein de la relation entre le patient et le personnel soignant. Nous aborderons dans le cadre de cet article quelques éléments de littérature illustrant les conséquences de l’âgisme sur les attitudes de soins.Lire la suite http: ...

    Rate this blog entry:
    5
    vendredi, 18 mars 2016
  • eros-thanatos

    Actualité de la théorie narcissique de la vieillesse

    Lorsqu’au siècle dernier Claude Balier a publié l’article historique intitulé : « Pour une théorie narcissique de la vieillesse », cette dernière restait encore largement une question personnelle, pour ne pas dire privée. Aujourd’hui où le vieillissement intéresse toutes les structures de nos sociétés occidentales, le narcissisme continue d’en occuper sans conteste le premier plan. ...

    Rate this blog entry:
    5
    jeudi, 28 janvier 2016
  • care

    Le sens du soin en gériatrie

    Tout le monde a le droit de bénéficier des meilleurs soins d’accompagnement possibles jusqu’au bout. C’est pourquoi il est temps de revaloriser (autant l’image dans le grand public que sur un plan financier) tous les métiers qui garantissent ce care en gériatrie et qui l’assurent tous les jours dans des conditions souvent extrêmement difficiles. Ce sont tous ces soignants qui assurent l’humanité d ...

    Rate this blog entry:
    12
    lundi, 11 janvier 2016
  • Atelier Carte Blanche ®

    Une approche thérapeutique relationnelle : Le dispositif groupal Atelier Carte Blanche

    Le  dispositif  Atelier  Carte  Blanche® s'inscrit  dans  une  approche  thérapeutique  non médicamenteuse.  Il  propose  une  médiation  groupale  à  partir  de  cartes  à  jouer  (10  cartes thématiques  et  7  cartes  émotions  dont  une  carte  b ...

    Rate this blog entry:
    18
    lundi, 28 décembre 2015
  • Une proposition innovante d’hébergement pour personnes âgées présentant une « démence » : Vivre à la ferme ?

    Il existe un large consensus sur le fait que l’organisation et le fonctionnement actuels de la majorité des structures d’hébergement à long terme pour personnes âgées, en particulier celles qui accueillent des personnes présentant une « démence », ne favorisent pas leur bien-être (physique, psychologique, et social) et leur qualité de vie. Il y a donc un grand besoin de structures d’hébergement in ...

    Rate this blog entry:
    8
    mardi, 08 décembre 2015
  • ehpad

    L’entrée en EHPAD : Focus sur l’instant T …

    Entrer en Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD)... Quitter   son   voisinage,   ses habitudes,  sa  maison,  son  fauteuil  à  côté  de la fenêtre donnant sur le verger, sur ce beau cerisier   qui   a   abrité   tant   de   repas   en ...

    Rate this blog entry:
    10
    mercredi, 25 novembre 2015
Voir + d'articles

Exploration de quelques dispositifs d'accompagnement pour les malades d'Alzheimer

par le dans Institutions
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 5248
  • Notifications
  • Imprimer

choix-de-societeL'offre d'accompagnement des personnes souffrant de pathologie d'Alzheimer ou apparentée est vaste. Elle se diversifie et se complexifie au fil de l'évolution du secteur gérontologique, de l'avancée de la science et de l'évolution des politiques médico-sociales.
Des dispositifs d'accueil aux dispositifs d'ajustement thérapeutique, en passant par les dispositifs de répit, les possibilités sont nombreuses. Aussi, il n'est pas toujours évident de comprendre le fonctionnement de ce grand réseau et les missions parfois proches, des différents partenaires.

Cet article se propose d'explorer plusieurs de ces dispositifs. Cette liste se veut succincte, descriptive, générale et ne saurait être exhaustive. Elle ne remplace pas l'échange avec les professionnels de terrain et ne constitue nullement un « guide d'orientation ». Elle n'a pour seule ambition que de créer un aperçu de quelques moyens existants.

Il est aussi important de souligner que chaque équipe de professionnels développe des spécificités propres si bien que deux établissements identiques sur la dénomination et les missions, peuvent avoir de nombreuses variantes de mise en oeuvre sur le terrain. Seule la rencontre de ces équipes peut permettre de saisir avec précision le fonctionnement et les spécificités de sa structure.

 

Les dispositifs d'accompagnement lorsque la personne vit « à domicile »*

* Le terme « à domicile » désigne le lieu d'habitation comme étant le logement privé, en opposition à un lieu d'hébergement collectif à destination d'un public spécifique (EHPAD, foyer-logement, etc.).

Les maladies dégénératives de type maladie d'Alzheimer, sont des maladies évolutives.
L'aggravation des troubles cognitifs et notamment des troubles de la mémoire, sont à fort risque d'entraîner une perte progressive de sécurité interne et externe (oublier d'éteindre le gaz ou se perdre dans la rue sont deux exemples fréquents de cette notion de « mise en danger »). La personne peut, parfois, refuser les aides dont elle a pourtant droit (aide à domicile, infirmier...) ; elle peut être déprimée ou encore son logement peut être mal adapté à sa pathologie.

Lorsque la personne réside à domicile, toutes ces complications vont avoir rapidement de lourdes conséquences sur la qualité de vie du malade et de ses aidants, mais aussi sur leur bien-être (angoisse, conflit, incompréhension, etc.).

Pour toutes ces raisons, il est très fréquent qu'à un moment ou à un autre de la maladie, apparaisse un besoin impérieux de soutien de professionnels, tant pour la personne âgée que pour ses proches qui l'accompagnent au quotidien. Cela peut prendre différentes formes qui peuvent se cumuler : soutien psychologique, matériel, médical ou encore social.

Parmi les différents dispositifs qui ont pour mission de favoriser le maintien à domicile, il existe les EMMA et l'accueil de jour. Tous deux participent à maintenir le plus longtemps possible les capacités et l'autonomie du malade et permettent aux aidants soit de bénéficier de temps de « répit » (repos et temps libre), soit d'approfondir les connaissances sur la maladie, soit encore d'apprendre des techniques permettant d'accompagner plus sereinement et avec moins de difficulté le malade dans la vie de tous les jours (technique de communication, conseil en aménagement du logement...).

 

1/ Les EMMA (Équipe Mobile pour Malades d'Alzheimer)

Les EMMA sont des dispositifs récents dont l'objectif est de renforcer l'offre de soin à domicile pour les malades se situant aux stades léger à modéré de leur maladie. Part là, les EMMA participent au maintien de la vie à domicile et favorisent le répit des aidants. Ces équipes n'ont pas vocation à préparer une entrée en établissement.
Elles vont mettre en place des actions à destination du malade, de son aidant et de leur environnement, pour permettre un maintien à domicile plus confortable et sécurisant.

Ces équipes mobiles, rattachées à un SSIAD (Service de Soins Infirmiers A Domicile), interviennent sous prescription médicale auprès de personnes souffrant de maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentées.
Les EMMA interviennent sous prescription médicale.

Ces équipes mobiles sont composées de professionnels spécialisés dans la prise en soin des malades d'Alzheimer. En général, l'équipe est constituée d'un infirmier coordinateur, d'assistants de soins en gérontologie (ASG) et d'un ergothérapeute ou d'un psychomotricien.

L'équipe propose au malade et à sa famille des séances de soins, de réhabilitation et d'accompagnement visant à réduire les symptômes et/ou à maintenir ou développer les capacités résiduelles des malades. La prestation des EMMA est individuelle et réalisée au domicile de la personne. Ce dispositif ne réalise pas d'intervention collective.

L'action est limitée dans le temps. Elle ne peut durer plus de trois mois sur une année mais est renouvelable tous les ans. L'intensité et la fréquence des séances varie en fonction des besoins et du stade d'évolution de la maladie. Néanmoins, le plus souvent il y a au moins une séance d'une heure hebdomadaire et la durée moyenne de l'accompagnement est situé entre 10 à 12 séances.
Une première intervention permet de déterminer les objectifs et les moyens qui seront mis en oeuvre par l'équipe pour accompagner la personne. Un bilan final détermine des axes de travail pour la poursuite du maintien à domicile et permet notamment de faire le relais avec d'autres partenaires de soins, tels que les accueils de jour.

 

2/ Les Accueils de Jour

Les accueils de jour pour personnes souffrants de maladie d'Alzheimer ou apparentée, sont des lieux d'accompagnement médico-sociaux de proximité, à destination des malades en perte d'autonomie qui vivent encore à domicile. Ce ne sont pas des structures de soin. Pour bénéficier de ce dispositif, les malades ne doivent donc pas avoir besoin d'un accompagnement médical permanent.

L'accueil de jour peut être autonome ou rattaché à une structure spécialisée dans la prise en charge des personnes âgées (par exemple un EHPAD). Dans ce dernier cas, il est fréquent que le personnel et les locaux de l'accueil de jour soient mutualisés avec l'établissement.

Les accueils de jour peuvent prendre en soin des personnes âgées à des stades variés de la maladie, même s'il y a des moments plus « propices » à un bénéfice important. Et puis, lorsque la maladie est avancée, le maintien en accueil de jour n'est souvent plus possible. Il est alors nécessaire de faire le lien avec d'autres partenaires parmi lesquels les structures d'hébergement.

Les deux premiers objectifs des accueils de jour sont le répit des aidants et le maintien à domicile du malade. Toutefois, les indications sont larges. Il peut s'agir de rompre l'isolement, de maintenir l'autonomie dans les gestes de la vie quotidienne, de limiter le déclin des troubles cognitifs...
La composition des équipes d'accueil de jour est très variable et spécifique au projet de service. De nombreuses possibilités existent : AMP (Aide Médico Psychologique), aide-soignant, infirmier, psychologue, ergothérapeute, médecin gériatre, etc.

Ces dispositifs dispensent des services et des activités variées. La journée est rythmée par des activités collectives et individuelles et des temps de repas partagés. Les activités sont définies par l'équipe du service en lien avec le projet d'établissement, les besoins des personnes et les spécialités des intervenants : stimulation cognitive, art-thérapie, activités ludiques, etc.

Le rythme de participation à l'accueil de jour est très variable et modulable. Il est défini par l'équipe accueillante en concertation avec le malade et ses proches. Il dépend de la demande, de l'observation, des objectifs, etc. Globalement, la fréquentation peut aller d'une demie-journée à plusieurs jours par semaine. Cependant, la participation ne peut avoir lieu qu'en journée car ce dispositif ne propose pas d'accueil de nuit.

La date de fin d'accueil n'est pas défini à l'avance. Lorsqu'elle a lieu, elle peut être motivée par de multiples facteurs : le malade n'adhère plus au dispositif, il intègre un établissement d'hébergement, ou encore, l'évolution de la maladie rend incompatible le maintien en accueil de jour.

 

Les dispositifs d'accompagnement lorsque la personne vit en établissement collectif pour personnes âgées

Lorsque la personne âgée entre en établissement d'hébergement car elle ne peut plus rester à domicile - pour raison de mise en danger bien souvent - elle peut être amené à intégrer un EHPAD ou un USLD (Unité de Soins de Longue Durée).

Au sein même de ces établissements, peuvent exister des dispositifs dédiés à la prise en soin des résidents souffrants de maladie d'Alzheimer et syndromes apparentés. Cela permet d'offrir un accompagnement adapté tout au long du séjour de la personne âgée.

Ici, il s'agit des PASA et des unités de psycho-gériatrie. Ces deux dispositifs peuvent parfois co-exister mais leur création répond à un projet d'établissement propre à chaque structure. Ils ne sont donc pas systématiquement présents dans les structures d'hébergement.

 

1/ Les PASA (Pôle d'Activités et de Soins Adaptés)

A destination de personnes âgées souffrant de maladies neuro-dégénératives, les PASA sont des dispositifs d'accueil à la journée. Ce sont des lieux de vie dédiés et identifiés au sein d'une structure d'hébergement à destination des résidents de cette même structure.
Les PASA s'adressent aux personnes âgées qui ont un diagnostic de démence. Les malades doivent également présenter des troubles du comportement modérés qui altèrent la sécurité et la qualité de vie du résident et celle des autres résidents de la structure.

La participation d'un résident à un dispositif PASA peut avoir de nombreux objectifs : maintenir le lien social, mobiliser les fonctions sensorielles, maintenir ou réapprendre les gestes de la vie quotidienne (toilette, habillage, repas...), maintenir, réhabiliter ou stimuler les fonctions cognitives restantes ou encore prévenir les troubles de la marche et de l'équilibre.

Au regard de ces objectifs, plusieurs types de professionnels sont susceptibles de travailler dans un PASA : personnel soignant de l'EHPAD mais aussi obligatoirement un psychomotricien ou un ergothérapeute ainsi que des ASG. De même, un PASA a toujours un temps de psychologue. Ce dernier peut intervenir auprès des résidents, des familles et des équipes.

Tous ces professionnels volontaires sont sensibilisés à l'accompagnement des troubles psycho-comportementaux et aux thérapies non médicamenteuses.
Ce dispositif encore récent permet un accueil moyen de 12 à 14 personnes en simultané. La fréquence de participation varie selon l'état de santé et les besoins identifiés. Il n'y a pas de fréquence minimale et maximale ; un résident peut donc bénéficier du PASA de temps en temps alors qu'un autre pourra participer chaque jour. C'est l'équipe pluridisciplinaire qui décide de la fréquence et de l'arrêt de la participation selon les bénéfices retirés et le déroulement des journées, avec à chaque fois la recherche du consentement de la personne.

Le fonctionnement d'un PASA est assez similaire à celui d'un accueil de jour. Il consiste à proposer des activités variées, individuelles ou collectives, ainsi que des repas partagés au sein même des locaux (le repas de midi a souvent lieu dans le PASA). Ces activités s'intègrent au projet de vie du résident.
En revanche, le PASA ne fait pas d'accueil de nuit. Les résidents arrivent le matin et retournent dans leur lieu de vie habituel le soir.

Il existe un lien étroit entre le personnel du PASA et celui de l'établissement d'hébergement. Cela permet d'améliorer et de proposer un accompagnement cohérent entre la pratique au PASA et celui en EHPAD.

 

2/ Les Unités de Psycho-Gériatrie

Appelée également « cantou » ou « unité protégée », une unité de psycho-gériatrie est une unité au sein d'un établissement d'hébergement, réservée au malades d'Alzheimer et syndromes apparentés.

Généralement, les unités sont réduites à une quinzaine de résidents. Leur architecture favorise la déambulation et la sécurité des personnes hébergées (fermeture de l'unité par code).
Généralement, le personnel est dédié à l'unité. Des activités spécifiques adaptées aux maladies dégénératives, individuelles ou collectives, ont lieu au sein de l'unité. Les résidents sont accueillis jour et nuit au sein de cette unité. Pour le reste, le rythme de vie est sensiblement identique à celui du reste de l'établissement.

L'accueil au sein d'une unité de psycho-gériatrie est fonction du diagnostique et des besoins du résident (sécurité, déambulation, présence, etc.), qui doit être mobile. Il n'y a pas de temps limité à l'accueil. Le résident peut bénéficier du service tant que l'équipe juge cette configuration pertinente.

Ce dispositif propose un accompagnement adapté aux pathologies dégénératives. Il vise l'apaisement des troubles comportementaux et des angoisses, le maintien de l'autonomie (gestes de la vie quotidienne notamment) et le maintien, aussi longtemps que possible, des fonctions cognitives.

L'équipe pluridisciplinaire formée à l'accompagnement des malades d'Alzheimer et troubles apparentés, consiste souvent en une équipe dédiée de professions similaires à celles de l'établissement (aide-soignant, infirmier, ash, psychologue). Éventuellement, des professionnels plus spécifiques peuvent travailler au sein d'une unité de psycho-gériatrie : AMP, ASG, art-thérapeute, ergothérapeute, etc.

Lorsqu'un patient ne peut plus retirer de bénéfice à un accueil dans ce service, il peut être amené à intégrer une autre unité classique de l'établissement. Inversement, si un résident de l'EHPAD classique développe une pathologie démentielle nécessitant un cadre plus contenant, une place au sein de l'unité protégée peut lui être proposée.

 

Les dispositifs d'accompagnement pour les personnes à domicile et en institution : les situations de crise

Malgré les dispositifs existants, il peut apparaître dans le parcours de vie du malade, un moment où domicile et institution sont dépassés par la symptomatologie. C'est ce que désigne ici « la crise ». Si les professionnels en gériatrie s'efforcent de prévenir ces moments de crise, de les accompagner et de les solutionner, ces périodes peuvent malgré tout nécessiter la mise en place d'actions spécifiques qui vont permettre de les résoudre. L'objectif est alors de(re-) trouver une situation la plus confortable possible pour le résident et les aidants, devant un accompagnement devenu fragile.

Ces moments de crise consiste en l'apparition ou l'exacerbation des troubles psycho-comportementaux. Si ceux-ci sont fréquents au décours de l'évolution démentielle, ils peuvent parfois ne pas trouver de résolution satisfaisante au domicile ou en institution. Un besoin d'expertise et de prise en soin spécialisés dans les troubles du comportement apparaît.

Lorsqu'après de nombreuses tentatives thérapeutiques les professionnels ne perçoivent pas d'issue satisfaisante à la situation qui perdure, ils peuvent faire appel à des unités spécialisées telles que les UCC et les UHR.

 

1/ Les UCC (Unité Cognitivo-Comportementale)

Situés au sein d'un SSR (service de Soins de Suite et de Réadaptation), les UCC ont été créés pour répondre aux situations de crises psycho-comportementales (agitation, agressivité, etc.) des personnes souffrant de troubles dégénératifs (démence diagnostiquée) qui peuvent surgir à domicile ou en institution. Un séjour en UCC a lieu lorsqu'aucune solution permettant d'apaiser suffisamment et durablement la situation n'a été trouvé dans le lieu de vie ordinaire.

Les UCC sont des unités de vie sécurisées et adaptées, d'une douzaine de lits en moyenne. La prise en charge est globale et le séjour limité – le plus souvent ce dernier dure trois à six semaines.

Les UCC ont pour objectif de trouver des moyens de résolution, de stabilisation ou d'apaisement de la crise, qui soient suffisamment importants pour permettre le retour dans le lieu de vie. Ces unités ont aussi pour but de favoriser le répit de l'aidant.
Si aucune limite d'âge n'est fixée pour intégrer une UCC, les personnes doivent néanmoins être mobiles (avec ou sans fauteuil roulant).

Pour pouvoir bénéficier d'un accueil en UCC, les troubles du comportement doivent perturber le maintien dans le milieu de vie ordinaire. Toutefois, ce dispositif n'a pas pour objet de prendre en soin des crises d'agitation trop sévères. Également, s'il peut prendre en charge des troubles d'allure psychiatrique, ce dispositif n'est pas destiné à prendre en charge des maladies psychiatriques anciennes. L'UCC ne remplace pas le secteur psychiatrique.

Pour toutes ces raisons, le profil comportemental des patients est pluriel, comme le stade du déclin cognitif.

Au regard des objectifs fixés, ces unités peuvent répondre à différents niveaux : réajustement de traitement, analyse des symptômes, mise en place d'actions thérapeutiques, etc.
Pour mener à bien ce travail, l'équipe est pluridisciplinaire. Il y a d'abord le personnel soignant que l'on retrouve généralement en SSR : aide-soignant, ash, kinésithérapeute, etc. En plus, il y a un personnel spécialisé : gériatre, neurologue, psychologue et psychiatre. Enfin, des professionnels du versant paramédical peuvent aussi travailler au sein d'une UCC : ergothérapeute, psychomotricien et ASG.

La prise en soin combine une approche médicamenteuse et une approche non médicamenteuse. Un programme d'activités spécifiques permet de réduire les troubles du comportement, l'utilisation de psychotrope et le recours à la contention.

 

2/ Les UHR (Unité d'Hébergement Renforcées)

Les UHR sont des lieux de vie situés au sein d'un établissement d'hébergement ou au sein d'une USLD.

Elles s'adressent à des personnes de soixante ans et plus, souffrant de maladie d'Alzheimer ou apparentée et qui présentent des troubles du comportement sévères ne leur permettant pas de rester à domicile ou en structure d'hébergement (idées délirantes, agressivité, désinhibition, etc.). En effet, les troubles psycho-comportementaux doivent altérer la qualité de vie du malade (et celle des autres résidents s'il habitent en hébergement gériatrique), pour justifier un accueil en UHR. Ces troubles menacent aussi la sécurité du malade. C'est à chaque fois l'intensité, la durée et le retentissement de ces troubles qui va indiquer une nécessité ou non d'un séjour en UHR.
Ces unités répondent également aux échecs de stabilisation comportementale.
En revanche, les UHR ne permettent pas l'accueil de personnes souffrant d'un syndrome confusionnel.

En général, l'équipe d'une UHR est composée d'un médecin, d'aides-soignants, d'AMP, d'infirmiers, d'un psychomotricien ou d'un ergothérapeute, d'ASG et d'un psychologue.

Ce dispositif de 12 à 14 places en moyenne, propose un hébergement et des activités adaptées. Le soin, l'hébergement et les activités se passent tous au sein de l'UHR. L'accueil se veut séquentiel et non prolongé. La durée du séjour qui n'est pas définie d'avance, se termine lorsque les troubles psycho-comportementaux évoluent favorablement pendant un temps suffisamment significatif. Parfois, la perte de la mobilité peut mettre également fin au séjour. En effet, les personnes doivent être mobiles, c'est-à-dire être capable de se déplacer seules (y compris si elles sont en fauteuil roulant). La libre mobilité des résidents au sein de l'unité est une caractéristique de l'UHR qui veille à lutter contre le vécu d'enfermement.
A la sortie de l'unité, les personnes réintègrent leur milieu de vie.

Ce dispositif propose des activités individuelles et collectives qui concourent au maintien ou à la réhabilitation des capacités fonctionnelles restantes, au maintien ou à la réhabilitation des fonctions cognitives restantes, à la mobilisation des fonctions sensorielles, et au maintien du lien social.

Dans un même établissement, selon les besoins identifiés, il peut coexister un PASA et/ou un UHR, ou aucun des deux dispositifs.

 

Pour conclure

Ces différents dispositifs ne sont qu'un petit aperçu de ce qui existe dans l'accompagnement des malades d'Alzheimer et de leurs proches. De nombreux autres "lieux" pourraient s'ajouter à la liste : CLIC, MAIA, accueil temporaire jour et nuit, centre d'évaluation gériatrique, association, équipe mobile de psycho-gériatrie, plateforme de répit, etc. Autant de possibilités complémentaires permettant d'offrir un accompagnement adapté aux besoins du malade tout au long de l'évolution démentielle.

S'il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine, nous pouvons toutefois constater qu'il existe des moyens à disposition des aînés et de leur famille, que ce soit à domicile ou une fois entrée en institution, et il faut s'en réjouir. Cependant, la question de la répartition et la présence plus large de ces dispositifs sur le territoire reste un enjeu fort pour l'avenir.

Notez cet article:
7

Invité n'a pas encore mis à jour sa biographie

  • Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter

Commenter cet article

Invité mardi, 20 février 2018

Mots-clés

accompagnement accueil activités affectivité âgisme aidants Alzheimer angoisse de mort animaux appareil psychique approches non-médicamenteuses argent art atelier thérapeutique bénévolat bientraitance Bistrot Mémoire blouse blanche chute clowns communication comportements troublés consentement consolation convention tripartite corps couple âgé culture déficiences sensorielles délire démence fronto-temporale démence sévère dépendance dépression désorientation deuil domicile ecmnésie écrit EHPAD émotion empathie engagement social environnement épuisement éthique euthanasie expression familles fatigue féminisme fin de vie FNG fonds documentaire formation gérontologie groupe groupe de parole groupe thérapeutique habitudes handicap hôpital Humanitude identité inclusion infantilisation institution intimité inutilité jeu législation littérature livre maison maladie chronique maladie neurodégénérative maltraitance mémoire métapsychologie mort mots narcissisme nuit opposition Parkinson paroles PATHOS personnalité personne âgée personnel perte philosophie philosophie du soin posture professionnelle projet de vie individualisé psychanalyse psychologie psychologie clinique psychologue pudeur pulsion de mort recherche reconnaissance des émotions faciales repères représentation rire secret professionnel séminaire sensoriel sexualité SLA société soignants soin soin relationnel soins solitude stéréotypes stimulation subjectivité suicide technologies téléphonie sociale témoignage tests neuropsychologiques traçabilité transmission traumatisme travail du vieillir troubles cognitifs tutoiement Validation vécu professionnel vieillissement