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Résultats Enquête nationale 2014

bellebaniere

Le centre de ressources en ligne Psygero, l'association Psychologie & Vieillissement et la société Pictome vous présentent les résultats de la première enquête nationale dédiée aux psychologues en gérontologie.

Ce premier état des lieux vise à décrire les conditions de travail et le ressenti professionnel des psychologues qui exercent dans le champ de la gérontologie, tant auprès des personnes âgées, qu'auprès des familles et des professionnels qui les accompagnent. L'enquête a été diffusée sur internet (sites de gérontologie, réseaux sociaux et professionnels) de septembre à octobre 2014, sous la forme d'un questionnaire de 55 questions.

588 psychologues ont répondu à l'enquête, témoignant ainsi de la réalité de leur travail et de leurs difficultés.


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« L’association Psychologie & Vieillissement avait, il y a plusieurs années, réalisé un questionnaire afin de faire un état des lieux de la profession dans un domaine, la gérontologie, où les psychologues n’étaient encore que peu nombreux. C’est moins le cas aujourd’hui et la présence de psychologues dans les établissements médicaux et médico-sociaux a progressivement augmenté. Il était donc intéressant de refaire un point sur la situation et, sur l’instigation du centre de ressources en ligne Psygero et avec le partenariat de Pictome, c’est avec intérêt que nous avons diffusé ce nouveau questionnaire, bien plus complet et qui prenait en compte les conditions de travail et le ressenti des collègues, ce que l’on appelle communément aujourd’hui les risques psychosociaux. Car nous ne sommes pas, tout psychologue que nous sommes, exempts de possibles souffrances au travail. Nous avons été surpris que les réponses aux questionnaires aient été si nombreuses et rapides, signe que nos collègues ont trouvé intérêt et pris plaisir à se saisir de cet espace d’expression.

Contrairement à il y a une quinzaine d’années, quand les enseignements universitaires restaient assez généralistes, de plus en plus de jeunes praticiens en gérontologie ont pu suivre, au cours de leur formation ou en formation complémentaire, une spécialisation en gérontologie. Et force est de constater que cela accompagnait un mouvement, car ce sont ces jeunes diplômés spécialisés qui majoritairement ont trouvé, et souvent assez rapidement par rapport à d’autres secteurs, du travail dans le milieu gérontologique.

Pour autant tout n’est pas rose, loin de là, et l’on sait tous que les débuts de carrière sont généralement faits de cumuls de plusieurs postes, avec parfois des très petits temps, sources de fatigue et de frustrations. Il faut souvent pas mal d’années pour que le psychologue en EHPAD ou à l’hôpital puisse trouver enfin une stabilité et un certain confort de travail.

De cette fragmentation du temps découle le fait que le psychologue peut avoir du mal à trouver sa place au sein des institutions où il exerce, place symbolique mais aussi place formelle, avec un bureau dédié, une organisation facilitée. Cela n’est pas non plus sans lien avec le fait que tant de ces praticiens se sentent en souffrance, peu reconnus par la hiérarchie et isolés dans leur pratique.

La récence de l’essor de la psychologie en gérontologie fait aussi que notre métier, nos modes de fonctionnement sont encore assez méconnus dans ce milieu, comme le montre le florilège des demandes aberrantes qui peuvent être adressées aux psychologues. Cela indique qu’il y a un travail essentiel devant nous pour expliquer nos pratiques, notre posture de cadre non encadrant, nos rôles possibles ou non au sein de l’institution.

Il faut pour cela assurément une bonne dose de pédagogie et de patience. Mais ce ne sera à mon avis pas suffisant et il nous faudra aussi affirmer notre position, défendre la profession, nous servir de ce que les plus vieux d’entre nous nous ont légué (les différentes lois qui protègent la profession, le code de déontologie, etc.). Il n’est pas normal de constater que près de la moitié de nos collègues n’ont pas accès à un minimum de temps FIR, que 70 % de ceux qui travaillent dans la fonction publique sont des contractuels, qu’un quart d’entre nous est placé sous l’autorité d’un médecin, voire d’une infirmière coordinatrice !

Ce questionnaire était donc judicieux qui, en plus de faire un état des lieux de la profession en gérontologie aujourd’hui, a permis de mettre en évidence un malaise chez de nombreux psychologues, voire une réelle souffrance au travail qui fait envisager pour certains de changer de secteur, de structure et même de métier. Notre rôle est maintenant de sensibiliser, d’informer à différents niveaux en nous servant du support offert par ces résultats. Il est aussi de continuer de créer du réseau, que ce soit par le média associatif ou par Internet, de façon à aider certains de nos collègues à sortir de leur solitude, à analyser nos pratiques, à nous questionner sur notre position de praticien-chercheur au sein d’institutions en constante évolution. »

Pierre-Yves Malo
Président de Psychologie & Vieillissement